Randonner en hiver • Suisse Rando Home

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Versant ensoleillé au-dessus de Wildhaus N° 1398
Wildhaus • SG

Versant ensoleillé au-dessus de Wildhaus

Sur le versant ensoleillé de Wildhaus, un très joli itinéraire de randonnée d’hiver offre des vues fantastiques sur les sept sommets des Churfirsten. Le premier kilomètre et demi se parcourt sur la route peu fréquentée vers Steinrüti. Après les dernières maisons commence le chemin de randonnée d’hiver damé qui monte modérément dans la vallée. La vallée de la jeune rivière Thur apparaît de plus en plus nettement et le paysage acquiert un caractère alpin toujours plus marqué. Des pâturages enneigés et des groupes de sapins majestueux forment une charmante mosaïque. Au lieu-dit «Gästele», le parcours fait un grand arc de cercle. La paroi abrupte du Schofberg devient visible et, peu après, étonnamment, on voit le Säntis se dresser à l’horizon. Un dernier contour, et voici l’auberge de Gamplüt. L’éolienne près du bâtiment et les nombreux panneaux solaires témoignent de l’importance accordée ici aux énergies renouvelables. La télécabine qui monte de la vallée serait d’ailleurs la seule au monde à fonctionner exclusivement à l’énergie solaire. Depuis le restaurant, la randonnée se poursuit encore jusqu’aux cabanes d’alpage de Fros. Deux bancs bien placés permettent de se reposer en admirant le panorama grandiose. En fonction des conditions d’enneigement, ce trajet n’est toutefois pas toujours préparé. Comme il s’agit d’un itinéraire balisé pour raquettes, le tracé reste cependant toujours praticable. Le retour vers Gamplüt s’effectue sur le même chemin qu’à l’aller. D’ici, la descente à Wildhaus à pied, par Egg, est directe et raide, mais il est aussi possible d’emprunter une piste de luge séparée (l’auberge loue des luges).
Neige et vent au Mont Crosin N° 1390
Mont-Soleil • BE

Neige et vent au Mont Crosin

En hiver, le plateau d’altitude qui relie le Mont-Soleil au Mont Crosin, dans le Jura bernois, a des allures nordiques. Non seulement parce qu’il y est polaire à certaines heures de la journée. Mais aussi parce qu’il abrite le plus grand parc éolien de Suisse, à ce jour le seul dans le pays qui puisse rivaliser avec ses homologues scandinaves. Le sentier raquettes qui part de la station supérieure du funiculaire du Mont-Soleil offre une proximité inégalable avec les 16 géants d’acier, qui produisent chaque année l’équivalent de la consommation d’électricité de plus de 15 000 ménages. Les randonneurs tombent nez à nez avec la première éolienne dès le début de l’itinéraire. Ils traversent ensuite le haut-plateau sauvage, avant d’atteindre la centrale du Mont Crosin, qui compte à elle seule huit colosses métalliques. L’occasion de prendre la mesure de ces engins, qui s’élèvent à quelque 150 mètres de hauteur. L’occasion aussi d’admirer l’emblématique Chasseral, qui règne en maître de l’autre côté du vallon de St-Imier. Plus loin, les promeneurs les plus frileux et affamés ont l’occasion de se restaurer dans plusieurs établissements, avant de prendre le chemin du retour en direction du Mont-Soleil. Cette seconde partie de l’excursion débute par une montée sous le couvert des arbres, puis les randonneurs parcourent une zone relativement sauvage, avant de rejoindre la centrale éolienne. Environ 40 minutes avant la fin du parcours, un panneau leur offre le choix de retourner au funiculaire du Mont-Soleil en passant par la centrale solaire du même nom.
Journée d’hiver en Haute-Gruyère N° 1391
Allières • FR

Journée d’hiver en Haute-Gruyère

La région située à l’extrémité sud du canton de Fribourg est des plus isolées. Montbovon n’est suivi que du hameau d’Allières, entouré de quelques fermes et granges dispersées, mais qui dispose quand même d’une halte ferroviaire et d’un bistrot, deux conditions indispensables pour les randonneurs. Un troisième point fort est la topographie. En effet, bien que, sur ce petit territoire, les dénivellations ne soient pas des moindres et qu’on y trouve des gorges préservées, les marcheurs ont aussi droit à des pentes douces et à des surfaces presque plates. La petite vallée de l’Hongrin se prête donc bien à un itinéraire en raquettes agréable et facile. La boucle vers Pra du Pont n’est pas préparée, mais le parcours est bien indiqué par des poteaux en bois et des panneaux rose vif. En plein hiver, la majeure partie de l’itinéraire s’effectue à l’ombre. Il vaut donc mieux partir vers midi si l’on veut avoir droit à quelques rayons de soleil. De la gare d’Allières, il faut d’abord remonter la petite route sur quelques mètres vers le nord. L’itinéraire en raquettes bifurque alors sur un tracé qui lui est propre, qui passe parfois en-dessous et parfois en-dessus de la route. Au niveau de la ferme des Planches, l’itinéraire pénètre en plusieurs contours dans les gorges de l’Hongrin. La rivière se traverse sur un vieux pont en pierre. On rejoint Pra du Pont par une montée en pente douce puis l’on poursuit jusqu’à la ferme des Mosses, où l’on bifurque pour redescendre en direction d’Hongrin. Ici, le terrain est plus escarpé. Si la poudreuse est tombée en quantité suffisante, les randonneurs peuvent allègrement labourer la neige avec leurs raquettes lors de la descente. Au petit pont dans la région de Villa, il faut à nouveau franchir la rivière avant de remonter vers Allières.
Beau panorama sous le soleil d’Adelboden N° 1392
Adelboden • BE

Beau panorama sous le soleil d’Adelboden

La langue allemande aime donner aux montagnes imposantes le nom de «Horn» (corne), mais le Hörnli d’Adelboden (le «Höreli» en dialecte local) fait mentir cette idée. En effet, ici, les pentes sont douces et agréables, ce qui n’empêche pas les randonneurs de constater, une fois parvenus au but, que la vue est digne d’un haut sommet. Un chemin de randonnée d’hiver damé quitte le centre du village et s’élève le long du versant ensoleillé. Pour trouver son point de départ, il suffit de remonter la Dorfstrasse vers le nord. Après avoir traversé le Schmittengraben, il faut se diriger vers la pente puis tourner et monter en pente douce sur l’Unterer Hörnliweg. On gagne rapidement de la hauteur en passant à travers des pâturages enneigés et près d’imposantes vieilles maisons en bois, ce qui permet de profiter de la vue. Plusieurs bancs en bois invitent à un arrêt. Au niveau du Höreli, après la vue impressionnante en direction du sud, celle vers le nord, où le panorama s’étend jusqu’au Niederhorn, au bord du lac de Thoune, soutient la comparaison. Le chemin damé descend rapidement par des pâturages puis par la forêt silencieuse. Il est aussi possible de rejoindre Mösere en luge. Une petite route beaucoup moins raide rejoint ensuite le joli site de Bütschegga après Ausser Schwand. L’itinéraire se dirige vers Holzachseggen et Blatti puis bifurque, quelques centaines de mètres plus loin, à nouveau vers l’aval. Une autre petite route très peu fréquentée, d’un assez faible dénivelé, va permettre de rejoindre le Schmittengraben. Cette fois-ci, les marcheurs croisent le torrent 100 mètres plus bas environ. La vue, ici et là, sur les montagnes proches d’Adelboden, est superbe. Sur le dernier tronçon de la randonnée, il reste à effectuer une montée courte, mais bien raide et à passer devant le musée local à la Schönegg pour rejoindre le centre d’Adelboden.
Tour panoramique au-dessus du Val d’Anniviers N° 1393
Tignousa • VS

Tour panoramique au-dessus du Val d’Anniviers

Le sentier des planètes, qui surplombe le Val d’Anniviers, offre de très beaux panoramas. Il est accessible toute l’année car il est préparé et damé en hiver. Le parcourir permet de profiter d’une vue fantastique sur de nombreux sommets mais aussi d’avoir de belles vues plongeantes sur la vallée du Rhône. Mais l’itinéraire n’est pas seulement panoramique puisqu’il évoque les extraordinaires dimensions de notre système solaire. Chaque pas, à l’échelle astronomique, représente près d’un million de kilomètres. L’itinéraire commence à la station supérieure du funiculaire qui relie St-Luc à Tignousa. Il longe d’abord la pente, à plat ou presque, passe par le Chalet Blanc puis mène au chalet d’alpage Le Chiesso. A l’horizon, le but de la randonnée est déjà visible. L’hôtel Weisshorn, qui date de la Belle époque, trône sur un large dôme, sur le flanc du Toûno. De la terrasse de l’hôtel, la vue est renversante. Vers le nord, une vue spectaculaire sur le Val d’Anniviers et la vallée du Rhône et, au-dessus, la chaîne des Alpes bernoises, couvertes de neige. Vers le sud, plusieurs 4000 sont bien visibles, dont la Dent Blanche et bien entendu le Weisshorn, le troisième plus haut sommet de Suisse. Les randonneurs équipés de raquettes peuvent descendre directement de l’Hôtel Weisshorn à St-Luc. L’itinéraire non préparé passe d’abord à découvert puis se poursuit en pente dans la forêt vers Le Prilett. Ce parcours est très raide, surtout dans sa première partie. Il est conseillé aux personnes qui ne sont équipées que de chaussures de marche de retourner à pied à Tignousa puis de descendre en funiculaire.
Sur le haut-plateau du Col des Etroits N° 1394
Col des Etroits • VD

Sur le haut-plateau du Col des Etroits

Ce beau parcours en boucle sur le haut-plateau entre Sainte-Croix et la frontière française traverse des forêts endormies, des prairies enneigées et de charmants villages jurassiens. Il débute à l’arrêt de bus du Col des Etroits. Il faut d’abord monter quelques mètres sur la petite route qui mène vers l’ouest puis descendre légèrement vers la forêt. Des panneaux et des poteaux rose vif indiquent le lieu où l’itinéraire de raquettes croise la piste. Voici maintenant la forêt de sapins, sur le flanc du Mont des Cerfs, qui se traverse le temps d’une agréable descente. Entre les arbres, des percées offrent de beaux coups d’œil, en bas, sur le plateau de La Chaux. Près de la ferme Vers le Bois, on se retrouve à découvert. L’itinéraire passe par une dépression puis remonte de l’autre côté en direction de L’Auberson. D’ici, un passage par un vaste coude permet d’accéder à la colline boisée du Mont de la Chèvre puis le hameau de La Vraconnaz. Par de douces montées et descentes, dans la neige qui recouvre les prairies et dans des forêts, on parvient à un croisement de routes où l’on franchit la rivière Noiraigue. Il ne reste plus qu’à monter à travers une forêt dense pour rejoindre le Col des Etroits, notre point de départ. Par faible couverture neigeuse, le parcours peut s’effectuer chaussures aux pieds. Si la fameuse bise, ce vent froid du nord-est, se met à souffler dans ce coin du Jura vaudois, la belle randonnée peut prendre une tout autre allure. Bien sûr, des habits chauds protègent de la bise, mais si celle-ci soulève la neige poudreuse, les traces de l’itinéraire sont vite soufflées elles aussi. C’est là qu’un bon sens de l’orientation peut se révéler très utile.
Route fermée dans la vallée d’Urseren N° 1395
Realp • UR

Route fermée dans la vallée d’Urseren

Les randonneurs n’apprécient guère les routes des cols, même lorsqu’un sentier voisin permet d’éviter l’asphalte. Ceux qui, par un beau dimanche d’été, aimeraient profiter du calme de la montagne au Grimsel ou au Nufenen n’ont droit qu’à l’insupportable grondement continu des moteurs. Sur les sept premiers kilomètres de la route du col entre la vallée d’Urseren et la Furka, les marcheurs amateurs de silence seront ravis, tout au moins en hiver, puisque le trajet est fermé aux voitures et aux motos, mais pas aux randonneurs ou aux lugeurs. La randonnée commence près de l’église de Realp. Il suffit de longer la route du village jusqu’au grand parking situé à son extrémité. Un panneau interdit aux voitures de poursuivre leur route. Aucun problème, par contre, si l’on est à pied, à moins que le trajet ne soit exceptionnellement fermé en cas de danger d’avalanche. Depuis là, la marche se fait carrément sur la route du col, certes sur une pente, mais qui reste paisible et constante. Le tracé damé est exceptionnellement large pour un chemin de randonnée d’hiver. Quant à la vue sur le fond de la vallée d’Urseren, elle est elle aussi des plus généreuses. La route du col s’élève en plusieurs contours. Dans le dernier tournant, on voit l’alpage de Galenstock. La dénivellation, sur le dernier kilomètre et demi, est très faible, et c’est à plat, ou presque, que l’on rejoint la vallée de la toute jeune Furkareuss. Le point le plus élevé de la randonnée se situe dans le hameau de Tiefenbach, composé d’un hôtel de montagne, d’une jolie chapelle et de quelques chalets. Le retour dans la vallée s’effectue par le même itinéraire, mais pas forcément à pied. Ceux qui veulent goûter aux plaisirs de la luge peuvent en louer une à l’hôtel et se laisser glisser vers la vallée.
Hiver paisible dans le Val d’Avers N° 1396
Avers, Juppa • GR

Hiver paisible dans le Val d’Avers

Jeter un coup d’œil au-delà de la frontière septentrionale de leur empire faisait frémir les Romains, car c’est là que s’étaient installés les Gaulois, ces barbares aux mœurs effrayantes et à l’affreuse langue. La zone frontalière était en quelque sorte l’antichambre de cet enfer étranger des Pré-Gaulois, un mot qui se rapproche de l’actuel Bregaglia, germanisé en Bergell. La vallée de Bergalga n’est pas le val Bregaglia, mais le nom trahit bien leur proximité. Autrefois, les habitants du val Bregaglia ne craignaient pas d’effectuer une longue marche par des cols élevés pour aller faire paître là-bas leurs vaches en été. En hiver, lorsque l’alpage est désert et enneigé, un silence absolu règne dans la vallée. Ici et là, seuls quelques skieurs de fond, skieurs de randonnée et, bien sûr, randonneurs la parcourent. Ces derniers disposent d’un bel itinéraire bien aménagé sur un large tracé. La randonnée part de l’arrêt de car postal «Avers, Juppa». Une petite route descend vers le domaine skiable familial à l’entrée de la vallée. La première partie de la randonnée est totalement plate et passe en-dessous des maisons de Vorder Bergalga. Ici déjà, le panorama est à couper le souffle. La vallée de Bergalga n’est pas du tout étroite et encaissée, c’est un vaste haut-plateau d’où la vue sur les montagnes alentour est magnifique. La randonnée hivernale prend fin sur un charmant alpage. En suivant le versant oriental de la rivière Bergalga, on arrive à l’Alp Hinter Bergalga (présente sur la carte nationale sous le nom de «Olta Stofel»). Devant la petite cabane, bancs et tables invitent les marcheurs à manger leur pique-nique au soleil en admirant la vue. Le chemin de retour jusqu’à Juppa est le même qu’à l’aller.
Au-dessus de la mer de brouillard N° 1397
Weissenstein • SO

Au-dessus de la mer de brouillard

En hiver, le Weissenstein est un but d’excursion apprécié des habitants du Plateau qui ne demandent qu’à troquer le brouillard persistant de la vallée de l’Aar contre le soleil. Une randonnée facile vers Hinter Weissenstein offre de très belles vue sur la chaîne des Alpes. Une chose est sûre: les possibilités de se restaurer le long de ce bref itinéraire sur la première chaîne du Jura ne manquent pas. Le Kurhaus Weissenstein se trouve juste à côté de l’arrivée du téléphérique. C’est aussi le point de départ de cette randonnée en boucle sur le haut-plateau. L’itinéraire descend d’abord légèrement en un vaste arc de cercle vers le restaurant Sennhaus, puis remonte en pente douce sur la petite route. Après quelques pas, on bifurque à gauche pour traverser la zone du sentier des planètes sur la plaine enneigée. En cas de neige abondante, une dameuse prépare le parcours, signalé par des poteaux verts. Chemin faisant, on admire la mer de brouillard qui s’étend jusqu’aux Alpes. La chaîne des sommets, du Säntis au Mont-Blanc, est bien visible. Les jours sans brouillard, la vue sur la vallée de l’Aar ne manque pas d’intérêt. En hiver, les marcheurs ne peuvent pas aller au-delà de Hinter Weissenstein. En effet, l’itinéraire préparé prend fin près du restaurant de montagne, qui propose divers mets roboratifs. La spécialité de la maison n’est autre que le gâteau au chocolat tiède de Grand-maman garni de crème fouettée de l’alpage! La petite route par laquelle l’auberge est ravitaillée permet de retourner directement au Sennhaus puis, de là, à la station supérieure du téléphérique. Ceux qui n’ont pas envie de descendre en cabine peuvent louer une luge et se laisser glisser à vive allure jusqu’à la station inférieure d’Oberdorf.
Sur les traces des Walser du Fondei N° 1383
Langwies • GR

Sur les traces des Walser du Fondei

Le Fondei est une vallée d’altitude, elle-même sise dans la vallée du Schanfigg. Il y a 700 ans, les Walser vinrent s’y établir en provenance du nord. Considérés comme un peuple à part entière, ils avaient l’indépendance chevillée au corps, mais aussi une réputation de travailleurs. Ici et là, ils avaient défriché des vallées entières pour les rendre cultivables. Les notables de la vallée leur accordèrent ainsi l’asile. Cette randonnée en luge mène sur les traces des Walser dans la vallée de Fondei. Débutant sur la place du village de Langwies, l’itinéraire hivernal emprunte la route enneigée (le chemin utilisé en été dans le fond étroit de la vallée est fermé en raison du danger d’avalanche). Le premier tronçon, raide, monte à travers la forêt. Après une bonne vingtaine de minutes, on atteint une bifurcation: pour la vallée de Fondei, prendre à droite. Après 45 minutes, on atteint une galerie qui protège des chutes de pierres et de la neige avant de déboucher sur un paysage ouvert et vaste, parsemé de maisons isolées: c’est la vallée de Fondei. Autrefois, les Walser y habitaient à l’année. Mais ce temps est révolu. En été, les maisons accueillent les vacanciers. Et en hiver, la vallée est déserte. Seule la cabane du Skihaus Casanna reste ouverte, accueillant les visiteurs dans une salle chauffée par un poêle. La descente en luge emprunte le même chemin qu’à l’aller, mais à toute vitesse cette fois. Le record établi pour les 5 kilomètres de descente est de 3 minutes et 54 secondes. Il a été enregistré fin février lors de l’une des courses de luge annuelles de Langwies.
Un après-midi dans les forêts jurassiennes N° 1184
Beurnevésin, poste • JU

Un après-midi dans les forêts jurassiennes

Cette randonnée est idéale le temps d’un après-midi: elle débute et finit à Beurnevésin et peut être raccourcie ou prolongée à souhait. Après avoir quitté le village, on longe la route jusqu’à la prochaine ferme. Sur la prairie, les vaches qui ruminent se lèvent à l’approche des randonneurs. «Restez donc couchées!», les exhorte-t-on, mais elles sont trop curieuses et s’approchent pour saluer. Durant un petit moment, le chien de ferme suit mollement les randonneurs, pour les abandonner peu après. La randonnée continue sur le plat le long de la lisière de la forêt. Ici, on poursuit soit à travers champs, soit à travers la forêt: en effet, les deux chemins rejoignent la chapelle de Saint-Imier, première étape intermédiaire. L’endroit, avec sa chapelle entourée de tilleuls centenaires, invite à s’y attarder. Après ce petit détour, la randonnée reprend en direction de la forêt. On atteint ensuite une cabane, près de la lisière, qui invite à faire une petite pause. Peut-être allumera-t-on un feu à l’emplacement prévu pour les grillades? Les randonneurs qui n’ont pas encore faim pourront déguster sans regret leur pique-nique plus tard, à la Borne des 3 Puissances, où une cabane et une grande aire de grillades sont également à disposition. La randonnée se poursuit maintenant en montée douce pour franchir la colline du Bois au Prince, à la frontière avec la France. Près de La Charbonnière, on redescend et, près du ruisseau La Vendline, on traverse un pâturage doté d’une clôture électrique. Peu avant le poste de douane s’amorce la seule véritable montée, sur un chemin de randonnée bien aménagé, jusqu’aux bornes érigées après la guerre de 1870-1871 qui s’acheva par l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand. Jusqu’en 1919, ces bornes marquaient la frontière entre la Confédération suisse («CS»), la France («F») et l’Empire allemand («DR» pour Deutsches Reich). Depuis ce lieu historique, Beurnevésin et ses arrêts de bus sont vite rejoints. Les marcheurs qui souhaitent continuer un bout à pied pourront prolonger la randonnée jusqu’à la gare de Bonfol.
En raquettes dans le Val d’Anniviers N° 1203
St. Luc, Tignousa — St. Luc, Le Prilett • VS

En raquettes dans le Val d’Anniviers

Une excursion à raquettes spectaculaire nous attend dans le Val d’Anniviers. Pour cela, il faut prendre le car postal de Sion à Saint-Luc, puis le funiculaire jusqu’à Tignousa. On attache ses raquettes à la station supérieure et c’est parti sur le chemin des planètes, un itinéraire à raquettes balisé. On tourne après Jupiter et la difficulté commence. Passé la buvette Tsigère de la Cohà, la partie qui mène à la station supérieure du téléski Pas de Boeuf ne nous ménage pas. Mais la vue exceptionnelle qui se déploie ensuite sur tout le Val d’Anniviers compense nos efforts. Au fil du chemin, on aperçoit quelques-uns des imposants sommets valaisans, tels que le Zinalrothorn ou la Dent Blanche. Le trajet se déroule dans des paysages grassement enneigés, loin des pistes de ski, au pied de l’imposant sommet Le Toûno, puis on retombe à Le Chiesso, sur le chemin damé. Le numéro de l’itinéraire change, à cet endroit, et le chemin prend, une fois encore, considérablement d’altitude avant que l’on aperçoive l’antique hôtel Weisshorn. Il faut faire une pause sur sa terrasse ensoleillée, ne serait-ce que pour goûter au célèbre gâteau aux myrtilles et reposer ses jambes, qui l’ont bien mérité. Le chemin se poursuit dans un paysage très varié, le long d’un magnifique chemin forestier qui descend jusqu’à Le Prilett. De là, une navette retourne à Saint-Luc l’après-midi. Il est recommandé d’emprunter cet itinéraire seulement par beau temps (stable) en raison de son altitude (près de 2700 m) et parce que le tronçon entre Pas de Boeuf et Le Chiesso est très isolé. Ceci afin d’être sûr de bien voir la signalisation sur place. Lorsque le temps est incertain, mieux vaut monter à l’hôtel Weisshorn et redescendre depuis Le Prilett.
Une vue inspirante N° 1117
Mägisalp — Hasliberg Reuti • BE

Une vue inspirante

Outre un intéressant domaine skiable, la commune de Hasliberg propose de nombreuses randonnées d’hiver. Bien au-dessus de Meiringen plongée dans l’ombre hivernale de la vallée de l’Aar, les pentes ensoleillées de Hasliberg se prêtent à des heures de randonnée, pour faire le plein de soleil tout en jouissant d’une vue inspirante sur les montagnes enneigées alentour. Le sommet le plus remarquable est le majestueux Wetterhorn, brillant d’un éclat argenté et trônant tel un géant himalayen sur le versant opposé. Si l’on se sent d’abord un peu perdu en arrivant sur l’alpage Mägisalp, au milieu de tous les skieurs et remonte-pentes, on plonge au bout de quelques pas déjà dans le monde paisible de la randonnée d’hiver. Le chemin grimpe en douceur vers Käserstatt. Sur un tronçon de 200 mètres environ, la prudence est de mise en longeant les abords de la piste. En amont on découvre une maisonnette qui ressemble à un fauteuil-cabine en osier. Elle invite le randonneur à une première halte à l’abri du vent, qui souffle presque toujours à cette altitude. Si l’on a emporté sa luge, on peut alors dévaler la pente depuis Käserstatt jusqu’à l’alpage Balisalp. Ensuite, le chemin de randonnée descend légèrement, traverse une forêt, longe des prairies vêtues de blanc et passe par Lischen pour rejoindre Bidmi. De loin déjà, l’odeur de pommes frites, saucisses grillées et croûtes au fromage emplit l’air et stimule les papilles gustatives. Au sortir de l’hiver, les abords du sentier qui mène finalement à Reuti se colorent de petites fleurs printanières telles que le pas-d’âne, qui pointent déjà le bout de leur nez.
Paysage enneigé idyllique N° 1123
Ruogig — Biel • UR

Paysage enneigé idyllique

La vue qui se déploie devant nous lorsque notre télécabine émerge de la purée de pois à Bürglen est tout bonnement époustouflante: on n’est pas encore remis de l’irruption de ce bleu profond et de cette éblouissante lumière qu’un océan de sommets s’étend à perte de vue en direction des Alpes uranaises et du col du Klausen. La tranquille randonnée d’hiver qui traverse la vallée du Schächental entre Ruogig et Bienne se distingue par le panorama grandiose qu’elle offre sur les montagnes. De la terrasse ensoleillée du Biel partent différentes randonnées d’hiver préparées et notamment celle qui relie la station supérieure du téléphérique de Brügg-Eierschwand-Ruogig et celle du téléphérique Biel-Kinzig AG. La télécabine nous amène en quelques minutes de Brügg, qui se trouve dans la commune de Bürglen, à Ruogig, juché à 1730 m d’altitude. La randonnée dure environ une heure et traverse un paysage hivernal vallonné splendide, passant devant des chalets d’alpage pittoresques faits de bardeaux et de petits groupes de sapins. De nombreux bancs invitent à s’arrêter quelques instants le long du chemin. Celui-ci est préparé et praticable avec de simples chaussures de randonnée. Il est plat sur de longues distances. Ce n’est qu’à la fin, lorsqu’on arrive à la cabane-restaurant Edelweiss, qu’il descend légèrement, sur 100 m environ, jusqu’à la station supérieure de Biel-Kinzig, juchée à 1630 m d’altitude. On y découvre l’auberge de montagne Biel et sa terrasse ensoleillée. C’est le lieu idéal pour étancher sa soif après la promenade, tout en continuant de profiter du panorama et de faire le plein de soleil, avant de reprendre la télécabine qui nous ramènera dans le brouillard.
La crête du Bäderegg sous la neige N° 1147
Jaunpass, Restaurant • BE

La crête du Bäderegg sous la neige

Sur le col du Jaun, on campe même en hiver. Devant de nombreuses caravanes, on voit des snowboards et des skis. Le camping se situe à 1500 mètres d'altitude. Pour les amateurs de neige et de camping, cela semble être une motivation supplémentaire plutôt qu'un frein. Juste à côté, le téléski Zügwegen attire les sportifs et il est déjà bien fréquenté ce matin. Bien sûr, l'aspect culinaire n'est pas en reste sur le col. On y trouve plusieurs restaurants et snack-bars. Une fois restauré, on entame cette randonnée hivernale, pas très longue mais très belle. Le randonneur suit d'abord brièvement le tracé du téléski, puis tourne à gauche et traverse la piste de ski. Après avoir laissé les skieurs derrière lui, il longe les poteaux roses. Le chemin tracé à la dameuse serpente doucement le long du versant. Quand le ciel est dégagé, on profite d'une belle vue sur la vallée de la Simme et l'impressionnante chaîne des Gastlosen. Une fois la petite forêt traversée, un grand coude se dessine près de la zone du Bädermoos. Un calme merveilleux règne ici. Près de la zone marécageuse Chuchifang, le promeneur plonge brièvement dans une forêt de sapins enneigée. Il se retrouve ensuite sur le Sattel (col), qu'il suit jusqu'à la crête du Bäderegg. Ici, il s'agirait en fait de «faire demi-tour», mais la dameuse a préparé un chemin légèrement différent pour le retour jusqu'à la forêt près du Chuchifang. Le chemin passe devant des sapins isolés dont les branches plient presque jusqu'au sol sous le poids de la neige. Finalement, on rejoint la route empruntée à la montée, ce qui n'est pas grave puisque la vue et le calme suffisent à procurer un sentiment de bonheur intense.
En raquettes près de Sedrun N° 1293
Segnas, Bahnhof — Mumpé Tujetsch • GR

En raquettes près de Sedrun

Une terrasse de montagne isolée offrant un beau panorama et des mayens recouverts de mètres de neige. Appuyés au bois noirci par le soleil de la cabane d’alpage, qui renvoie la chaleur du soleil et nous chauffe le dos, nous voilà prêts à sortir le pique-nique du sac. Que demander de plus? Quelle chance que le soleil soit de la partie, comme le calendrier d’oignons le prévoyait d’ailleurs. Ce calendrier est une tradition de la Surselva. La veille de Noël, à minuit, on coupe un oignon et l’on dispose en un cercle douze couches qui correspondent aux mois de l’année suivante. On verse ensuite du sel dans chacune d’entre elles. Le lendemain, les couches qui ne contiennent pas d’eau sont annonciatrices de beau temps pour les mois qu’elles représentent. Si on peut s’y fier, la randonnée en raquettes sur l’Alp Prau Sura sera ensoleillée. La gare de Segnas se situe un peu en contrebas du village. Si l’on veut prendre des forces avant la montée, c’est le dernier moment pour le faire car il n’y aura pas d’autre possibilité de restauration. En passant à gauche de l’église et en longeant au début la piste de ski, on rejoint la lisière des arbres, où le panneau indique qu’il faut tourner à gauche et entrer dans la forêt. La montée entre des sapins enneigés est superbe et les raquetteurs sont ravis, une fois la forêt franchie, de découvrir devant eux le hameau de Run Cunel et l’Alp Prau Sura. Ce paysage paisible donne envie de s’attarder en ces lieux, mais il ne faut pas oublier le retour, qui nous fait descendre à travers une forêt clairsemée et nous mène à la gare située tout près du petit village de Mumpé Tujetsch. On peut prolonger l’itinéraire jusqu’à Sedrun (5,5 kilomètres).
La Via Engiadina en hiver N° 1180
Lavin — Ardez • GR

La Via Engiadina en hiver

Le sentier de grande randonnée Via Engiadina, qui traverse la Haute et la Basse-Engadine, est partiellement praticable en hiver. Le tronçon situé en Basse-Engadine est probablement l’un des plus longs chemins de randonnée d’hiver de Suisse. Il relie les très jolis villages bien préservés de la vallée. La partie entre Lavin et Ardez est sans doute la plus belle de l’itinéraire. On la parcourt sur le versant ensoleillé, bien au-dessus de l’Inn, d’où l’on a de superbes coups d’œil sur le vaste paysage enneigé. De Lavin, le large chemin préparé s’élève en pente douce. Comme il franchit un versant sujet aux avalanches, le passage est parfois fermé sans préavis. L’itinéraire offre de beaux points de vue sur le bas de la vallée et sur la chaîne des sommets des Alpes du Val Müstair sur le versant opposé. Après avoir traversé une gorge étroite dans la forêt, on dépasse l’ancien moulin de Resgia en se rendant vers Guarda. Lorsqu’une nouvelle route fut construite dans le fond de la vallée durant la deuxième moitié du XIXe siècle, les villages situés dans les hauteurs, autrefois traversés par la route, furent délaissés. Cet arrêt du développement, très difficile pour la population, permit de sauver en particulier la qualité architecturale de Guarda. Le village, théâtre de l’histoire de «Schellenursli», le petit héros d’un célèbre récit pour enfants, reçut en 1975 le Prix Wakker du Patrimoine suisse. Le site possède un ancien milieu bâti conservé de manière exemplaire, caractérisé par de nombreux sgraffites décoratifs. L’itinéraire se poursuit, presque à plat, jusqu’au hameau de Bos-cha, puis en pente raide vers l’Alp Munt. Les efforts de la montée sont récompensés par la vue superbe sur la vallée de l’Inn et les sommets enneigés environnants. La descente vers le village d’Ardez se fait ensuite sur une pente douce et régulière.
Randonnée spectaculaire 1 N° 1255
Lehmen — Kronberg • AI

Randonnée spectaculaire 1

La randonnée commence par son point fort, mais elle se termine aussi, heureusement, sur un joli point d’orgue. Après un petit kilomètre, un sentier non aménagé mène les randonneurs, quelques centaines de mètres plus haut, à la chute du Leuen. L’eau se jette de 34 mètres de hauteur dans un petit bassin. Les vagues débordent sur la rive où le vent glacé emporte les gouttelettes d’eau qui sculptent de splendides créations de glace sur les parois rocheuses et les buissons voisins. Les randonneurs à raquettes doivent veiller à ne se faire mouiller que le visage, car les rives du bassin sont parfois glissantes. En janvier 2007, Felix Lämmler s’est élancé du haut de la chute avec son kayak, décrochant brièvement un record du monde, peu avant qu’un Américain ne franchisse les 57 mètres des chutes de Palouse, dans l’Etat de Washington. Après le Leuenfall, le chemin se poursuit dans la forêt jusqu’à l’Ahornkapelle, une chapelle fermée en hiver mais qui vaut le détour. Si on ne veut pas pique-niquer dehors, on peut faire halte au restaurant Ahorn, juste à côté. Car il faut gravir ensuite les quelque 600 mètres de dénivelé, ce qui représente la difficulté de cette randonnée, surtout pour ceux qui doivent tracer la piste dans la neige fraîche. La montée jusque sur la Wartegg est abrupte mais traverse une forêt idyllique. En haut, le panorama sur la chaîne du Säntis avec les sommets de l’Ebenalp, du Schäfler, des Altenalptürm, de l’Öhrlikopf et du Säntis est splendide. De là, le chemin suit le versant sud presque à plat et les randonneurs pourront apprécier la vue, le calme et le soleil. Bientôt, ils apercevront la plaine et le lac de Constance. Un petit effort encore pour atteindre le Kronberg, où s’achève cette randonnée spectaculaire.
Randonnée spectaculaire 2 N° 1256
Giswil • OW

Randonnée spectaculaire 2

En hiver, des formations de glace féériques apparaissent parfois sur les parois escarpées. La vallée de la Kleine Melchaa, derrière Giswil en Obwald, réunit toutes les conditions pour que ce spectacle soit possible: Il y fait assez froid, les rayons du soleil ne percent pas et l’eau de fonte ruisselle. Même durant les hivers plus doux, d’innombrables stalactites se forment sur les roches parfois verticales. Lorsqu’il fait très froid, le tout devient compact et semble glisser dans les profondeurs telles des cascades gelées. La partie inférieure de la gorge est si étroite qu’aucun chemin n’y passe au bord de l’eau. On doit donc faire un petit détour vers Zollhaus si l’on vient de Giswil. De là, une route forestière mène à la gorge. Plus haut, la vallée est toute aussi étroite et l’on a dû faire sauter la roche pour créer un tracé. Le chemin de randonnée n’est pas balisé en hiver. Sa largeur permet cependant de bien avancer. Et on peut toujours emporter une paire de raquettes en cas de doute. Lors du dégel, mieux vaut éviter la gorge. Des stalactites se détachent subitement, entraînant pierres ou blocs de pierre dans leur chute. Le long du chemin, des panneaux renseignent sur les lieux-dits, qui tirent leur nom de la sylviculture d’autrefois ou décrivent les passages les plus impressionnants. Ainsi, on découvre le refuge de Cholplatz, ou «place du charbon», à l’endroit où se trouvait autrefois une charbonnière, et le Bettlernest, ou «nid des mendiants», où les troncs d’arbres acheminés sur la rivière se retrouvaient coincés. Plus loin, il y a le Dom, une paroi rocheuse imposante sur laquelle se forment d’énormes cascades de stalactites. Un peu plus haut, les formations de glace sur le Böse Stieg et le Loch-Chäller ne sont pas moins impressionnantes.
Randonnée spectaculaire 4 N° 1258
Brambrüesch — Mutta • GR

Randonnée spectaculaire 4

Qu’est-ce qu’un beau paysage? Pourquoi certains paysages semblent-ils plus attirants que d’autres? LA RANDONNÉE s’est posé ces questions en compagnie de trois femmes en route sur une montagne proche de Coire située entre le Domleschg et la vallée de Churwalden, au pied nord du Stätzer Horn, un vaste sommet arrondi. Et, bien qu’elle ne porte aucun nom, ce n’est pas n’importe quelle montagne puisque c’est là, sur un site offrant une superbe vue panoramique, que se dresse le Dreibündenstein (pierre des Trois Ligues) à l’endroit où se rejoignaient les Trois Ligues grisonnes. Il semble qu’une condition essentielle pour qu’un paysage plaise est son accessibilité. Dans notre cas, facile! Le téléphérique de Brambrüesch se trouve au centre de Coire. De la station supérieure, le chemin passe par les Spundisköpf et mène au télésiège des Hühnerköpfe que l’on emprunte pour éviter de monter trop près de l’installation ou sous celle-ci. Nous voilà déjà à Furggabüel, d’où l’on voit le Dreibündenstein, un obélisque de calcaire posé en bordure du large sommet arrondi. En passant devant cette borne frontalière, on poursuit en faisant un large arc de cercle par des collines au doux relief vers l’ouest, la station supérieure du télésiège de Mutta et le village de montagne de Feldis. Au final, la montagne sans nom et le paysage autour du Dreibündenstein sont-ils beaux? Les trois femmes interrogées ont répondu par l’affirmative, mais pour différentes raisons. Comme l’explique un spécialiste, la beauté est non seulement subjective, mais est aussi conditionnée culturellement. De toute façon, où d’autre que dans un site de toute beauté les représentants des Trois Ligues rhétiques auraient-ils pu, il y a des siècles de cela, établir leur frontière commune?
Tout au fond du Diemtigtal 1 N° 1259
Springebode • BE

Tout au fond du Diemtigtal 1

La vallée du Diemtigtal est un lieu féérique en hiver. Certes, elle possède des domaines skiables, mais ceux-ci sont petits et circonscrits. Il y a aussi de nombreux chalets d’alpage noircis par le soleil, mais ils sont vides durant la saison froide, semblant dormir du plus profond sommeil hivernal. C’est peut-être pour cette raison que les animaux sauvages aiment tellement cette région: lièvres, chevreuils, renards et chamois la peuplent en grand nombre. Ils se montrent rarement aux promeneurs, mais leurs traces, elles, sont bien visibles. Surtout dans la neige fraîche. C’est un plaisir que d’analyser les empreintes tout à fait particulières des lièvres ou les petites traces trottinantes et semblant dépourvues de but de l’hermine. Le chemin de randonnée d’hiver de Springenboden se prête bien à ce genre d’observations. Il débute à la station inférieure du téléski pour revenir sur une centaine de mètres par la route déneigée. Puis il bifurque sur un chemin alpestre recouvert de neige qui, plus loin, se met à grimper légèrement jusqu’à Chüeweid. Partout autour, on repère des traces d’animaux. Ceux qui préfèrent lever le nez, notons-le, profiteront aussi d’une très belle vue. Après Chüeweid, où se trouve un grand chalet d’alpage, on arrive bientôt à proximité d’un autre chalet flanqué de deux magnifiques érables sycomores. Le lieu se prête bien à une petite pause. Le chemin continue toujours le long du flanc de la montagne, puis fait un léger coude et traverse un ruisseau. On s’approche à présent du domaine skiable et les traces d’animaux se font plus rares. Ou peut-être sont-elles seulement moins visibles? Car la nuit, lorsque nous sommes confortablement assis au coin du feu, Springenboden est tout entier rendu à la faune sauvage.
Tout au fond du Diemtigtal 2 N° 1260
Grimmialp • BE

Tout au fond du Diemtigtal 2

Une bonne âme vit dans la vallée du Diemtigtal. Son nom vient de la région la plus reculée de la vallée: la Grimmialp. D’après la légende, le «Grimmimutz» habite dans la forêt. En hiver, lorsqu’il fait trop froid pour sortir, il ramasse du bois, en fait des fagots et les dépose la nuit devant la porte des maisons. Lors des grands froids, il nourrit les chevreuils et les chamois avec des herbes et aide ainsi la faune sauvage à survivre. Les histoires sur le Grimmimutz sont rassemblées dans un livre pour enfants intitulé «Der Grimmimutz und die Pfefferhexe» (en all.) de Peter Zahnd. L’été, un sentier découvert lui est consacré. En hiver, la piste de raquettes à neige se confond par endroits avec ce chemin. Elle débute également sur le parking de Senggiweid, à 500 mètres de l’arrêt du car postal «Grimmialp, Hotel Spillgerten», et monte doucement jusqu’à la cabane d’alpage de Nidegg. Ici, la piste quitte le chemin et s’enfonce dans le bois. Lorsque la neige recouvre les arbres, la forêt prend des airs féériques. On s’attend alors à surprendre le Grimmimutz assemblant soigneusement ses fagots, mais on aperçoit plutôt des traces fraîches d’animaux ... Plus loin, le sentier quitte la forêt pour rejoindre la station d’observation de la faune sauvage au terme d’une montée relativement raide. Ensuite, la piste de raquettes frôle le domaine skiable mais ne tarde pas à bifurquer sur la gauche. Ceux qui souhaitent se restaurer grimperont quelques mètres de plus jusqu’au restaurant de montagne Nideggstübli. Il faut ensuite attaquer une pente raide avant que le chemin ne s’égalise à nouveau pour rejoindre la cabane de Nidegg. Le retour se fait par le même chemin. Celui qu’emprunte le Grimmimutz pour aller déposer son bois devant les maisons de la vallée.
Randonnée en boucle près de Sedrun N° 1261
Bahnhof Tschamut-Selva • GR

Randonnée en boucle près de Sedrun

Dans la région de la Surselva, les habitants se fient à leurs propres méthodes, notamment celle du calendrier aux oignons, pour savoir quel temps il fera. Le 24 décembre, ils coupent un oignon en deux, détachent soigneusement ses couches, les placent l’une à côté de l’autre et y déposent du sel. Le lendemain, ils regardent si elles sont mouillées. Chaque couche correspond à un mois de l’année et l’eau qu’elle contient permet de prédire le temps. Si le beau temps est au programme, on en profitera pour effectuer une randonnée en boucle au soleil. Elle débute à la gare de Tschamut et se termine dans le même village, en contrebas de la gare. Jusqu’à Milez, le parcours suit le chemin de montagne. La montée, régulière, n’est pas pénible. Le panorama est beau et le calme des lieux apaisant. A Milez, on a droit au brouhaha du domaine skiable, mais pas pour longtemps, et l’on peut descendre en télésiège à Dieni si l’on veut interrompre la randonnée. La pente vers Planatsch est aussi fréquentée par des lugeurs. Les terrasses ensoleillées des restaurants invitent à une pause. Le chemin, en dessous de l’Ustaria Planatsch, redevient tout à fait calme et charmant. Il traverse une forêt jusqu’à la route du col à peine fréquentée que l’on suit jusqu’au village de Tschamut et au Restaurant Rheinquelle. Il ne reste plus qu’une petite montée jusqu’à la gare où l’on reprend le train en direction de Disentis ou d’Andermatt. Faut-il croire au pouvoir d’oracle du calendrier d’oignons? Libre à chacun de penser ce qu’il veut. Autrefois, l’Eglise, en tout cas, ne cachait pas son scepticisme face à cette pratique. Le couvent de Disentis, jadis puissant, ordonnait ainsi aux oracles de dire un Ave Maria au moment où ils disposaient les morceaux d’oignons.
Dans la haute vallée des Diablerets N° 1171
Les Diablerets • VD

Dans la haute vallée des Diablerets

Le massif des Diablerets s’élève, monumental, au-dessus du village de montagne vaudois qui porte le même nom. Lorsqu’une partie de cette imposante montagne s’écroula en 1714 et dévasta l’alpage de Derborence, en Valais, on vit là l’oeuvre du diable et la montagne prit son nom. Aujourd’hui, les skieurs dévalent les pentes du massif mais les randonneurs ont eux aussi de quoi s’occuper dans la région. Une marche en boucle dans la large vallée ne manque ni de charme ni de contrastes. Des zones ombragées plongent les randonneurs dans une belle ambiance hivernale tandis que des sites du versant ensoleillé donnent un avant-goût du printemps. À la gare des Diablerets, on commence par traverser les voies pour se diriger vers le sud. Une petite route s’éloigne de la vallée et débouche rapidement sur un itinéraire préparé que se partagent skieurs de fond et randonneurs. Le parcours serpente sur une montée à peine perceptible le long de la pente boisée. En hiver, cette partie située sur le versant gauche de la rivière Grande Eau est souvent à l’ombre, ce qui permet à la neige d’être longtemps présente et au givre de recouvrir les sapins. La sobre église du petit village de Vers-l’Eglise est le temple de la vallée. Le sentier pédestre la longe puis s’éloigne un peu plus de la vallée en direction des Aviolats. D’ici, on suit une petite route avant de franchir la Grande Eau et de rejoindre Le Rosex de l’autre côté. Vient maintenant un tronçon à la fois délicat et peu agréable, puisque sur 200 mètres environ, il faut longer la route principale, qui ne dispose ni de ligne pour les piétons ni de trottoir. Heureusement, le chemin de randonnée d’hiver balisé quitte la route et se dirige vers l’amont sur une petite route très peu fréquentée et de larges chemins de forêt qui nous mènent aux Granges puis aux Diablerets.